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 Le Fantôme de l’Opéra :: Arthur Berry, Maître de Jeu, pour vous servir |•

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Eden
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Féminin Nombre de messages: 28
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•| Âge du personnage: { Aussi vieux que le monde...
•| Music from Hell: { Vertue to Vice - Deathstars
•| Pouvoir ou Dons: { La maîtrise de la glace, de la neige et de la grêle
Date d'inscription: 20/02/2008

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•| Armes: { Juste ses pouvoirs de Démone
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MessageSujet: Le Fantôme de l’Opéra :: Arthur Berry, Maître de Jeu, pour vous servir |•   Mer 13 Aoû - 8:37

Afin de rendre votre RP plus intéressant et pimenter vos topics, nous mettons à votre disposition Arthur Berry, notre Maître du Jeu bohème qui viendra flanquer le désordre dans vos RP si vous le désirez. Vous trouverez ci-dessous sa fiche descriptive, présentant le personnage en quelques mots.

***************



    Le MJ est une entité complètement incontrôlable au comportement erratique. Il peut intervenir à n’importe quel moment, dans n’importe quel topic pour faire survenir un évènement imprévu.

    Poursuite inattendue, apparition d’un autre personnage… Son imagination est sans limite et a pour seul et unique but de pimenter votre jeu, de le rendre imprévisible et plus réel par l'intervention d'un élément perturbateur.

    Vous devez bien sûr tenir compte des rebondissements qu’il apporte et les intégrer dans votre jeu, que cela vous plaise ou non. Bien sûr, il n’agit aucunement sur les sentiments de votre personnage. Il ne peut faire intervenir que des évènements extérieurs.

    Soyez vigilants ! Le Fantôme voit, le Fantôme sait…

Pour que le MJ intervienne dans l’un de vos topics,
merci de poster à la suite de ce sujet et de remplir le formulaire ci-dessous.


    Formulaire Explicatif :

    Topic : Merci de fournir le lien de votre topic.
    Situation : Faites un bref résumé de la situation dans votre topic.
    Suggestions * : Vous pouvez éventuellement suggérer le genre de bête que vous aimeriez voir arriver, poursuivant le pauvre Arthur... serez-vous de ceux qui le protègeront ou de ceux qui tenteront de mieux le saigner ? Twisted Evil Si vous manquez d’idées ou voulez la surprise pas de soucis, le MJ a plus d’un tour dans son sac… pirat

    Formulaire à Remplir :

    Code:
    [b]Topic :[/b]
    [b]Situation :[/b]
    [b]Suggestions * :[/b]


N.B : Le MJ n’intervient que de façon mineure dans les topics. Il vous donne quelques indications, crée une ambiance, apporte des éléments perturbateurs mais c’est tout ! Il est donc indispensable d’être plusieurs pour faire appel à lui car il n’engagera aucun rp soutenu.
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Arthur Berry
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•| Âge du personnage: 62 ans.
•| Music from Hell: Moulin Rouge ◊ Nature Boy
•| Pouvoir ou Dons: La poésie & la musique ne sont-elles pas les plus nobles forces qui soient ?
Date d'inscription: 19/08/2008

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•| Armes: { Quelle arme plus mortelle que les mots pourrait bien posséder un misérable clochard musicien ?
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MessageSujet: Re: Le Fantôme de l’Opéra :: Arthur Berry, Maître de Jeu, pour vous servir |•   Mar 19 Aoû - 17:55

" This story is about love,
and the woman I loved is... dead. "




    Truth

There was a boy...
A very strange enchanted boy
They say he wandered very far, very far
over lands & seas...


    Arthur Berry... Certains ont auréolé ce nom de gloire, l'ont porté au firmament de la renommée. D'autres l'ont haï, méprisé ou encore critiqué. Moi qui le porte, je ne l'ai jamais considéré que comme ce qu'il était : une simple appellation. Le portrait d'un passé disparu et à jamais échappé, d'une naissance qui a déterminé ma vie entière. Je vis le jour dans une modeste mais charmante famille, élevé par deux parents d'une richesse réduite, mais dont l'existence libre et bohème compensait largement tout luxe superflu. Mon père, artiste peintre courant après la reconnaissance et ma mère libraire me donnèrent une éducation solide, et les premiers m'apprirent à ne jamais m'attacher à l'excès aux choses matérielles. Malgré leurs revenus réduits, ils tinrent à m'enseigner la musique dès qu'ils eurent saisi les bases de ma profonde affinité avec les instruments. L'apprentissage de la lecture et de l'écriture me fut de même offert dès mon plus jeune âge - aurait-il pu en être autrement pour un enfant dont les géniteurs frappés par l'Art avaient choisi de donner à leur fils le prénom du célèbre Rimbaud ?
    Je fus donc baigné presque dès ma naissance dans la musique et les contes. Je connus une scolarité ordinaire, jusqu'à mes études supérieures où je choisis de m'orienter vers une école d'arts de la scène, bien que mes talents notoires au piano et à l'accordéon aient été repéré dès mes sept ans. Pourtant, tout ne se passa pas exactement comme prévu dans cet institut pour jeunes surdoués : bien que mes résultats fussent incontestablement excellents, je ne m'y sentais pas à ma place. Au bout de trois ans d'études acharnées, je commençai à me faire un petit nom dans quelques grandes salles. J'étais heureux : je vivais de ma musique, la seule vraie forme de vérité que j'avais jusqu'ici découverte. L'unique forme de transcendance, aussi. J'éprouvais la sincérité, l'authenticité dans toutes les émotions. Mais à mesure que mon succès s'accroissait, ce fossé que j'éprouvais au fond de moi et qui me séparait irrémédiablement de mes confrères, ne faisait que se creuser. Là où tous ne cherchaient que le profit et la gloire, je n'aspirai qu'au bonheur simple de vivre de mon art et de partager le plaisir de ma musique avec d'autres mélomanes. Je me lassais, me sentais incompris. Le monde auquel j'avais cru jusqu'ici n'était-il donc finalement pas pour moi ?

    Beauty

A little shy,
And sad boy
But very wise, was he...


    Et puis je l'ai rencontrée. La seule, l'unique... Cécilia. Ma Muse, patronne des musiciens et des poètes dit-on. Une danseuse. J'approchais des trente ans, elle en avait vint-six. Si je l'ai aimée ? Au premier coup d'oeil. Depuis le moment où je l'avais vue pour la première fois danser, j'avais eu besoin d'elle à mes côtés pour chanter, enchanter mes mots. Elle était la grâce, la beauté... l'inspiration. Auprès d'elle mes notes s'envolaient, papillons brûlant d'allégresse, comme des cascades dans les airs, mes chansons prenaient leur envol au son de sa voix, et mon piano vibrait d'extase sur ses mouvements aériens. Toutes mes mélodies, toutes mes aspirations les plus intimes se réunissaient en elle, mon ange de la musique. Tout son être emplissait mon esprit de sons étranges et doux, et toutes les nuits près d'elle il y avait des chansons dans mon âme. Sa voix d'or vibrante m'appelait dans un son cristallin qui éveillait en moi les échos d'accords jusqu'ici inconnus, une extase qui touchait les cieux, une exultation pure qui voulait se crier jusque dans l'espace. Elle m'emmenait aux cimes de l'harmonie, dans un royaume où tout nos deux êtres réunis devait rendre hommage à l'art et à la musique. Nous partagions la même passion, les mêmes envies. Mes fantaisies se déchaînaient dans mon esprit, et le public le sentait. Ma musique planait autour d'eux comme provenant d'un autre univers : pour la première fois, je sentais mon âme emportée dans un pays imaginaire où j'avais toujours aspiré à être, où mon pouvoir créatif était la seule règle, ne faisait plus de moi un misérable artiste désargenté mais un prince, un roi inspiré.

    Vision trop onirique pour être réelle. Je redoutais le moment où nous devrions nous dire au revoir, où mon art s'en irait avec elle, lassée d'un pauvre poète amoureux, d'un petit joueur de piano qui ne pourrait jamais rien lui offrir de plus que ses chansons d'amour. Elle méritait tellement mieux que ça, tellement mieux que moi... Se serait-elle lassée des contines du pianiste ? Je ne sus jamais la réponse à cette question. Elle mourut une nuit de printemps. Cancer fulgurant. Je me rappelle son cher visage qui s'éteignait, doucement, sur le lit blanc d'hôpital, et la lumière de sa merveilleuse âme qui s'en allait avec elle, sereinement. Quand j'y repense aujourd'hui, il me semble que mon coeur et mon âme moururent avec elle. Mais pas mon élan créateur. Désormais je créai pour elle : j'écrivai et chantai pour sa mémoire, pour offrir aux autres un peu de ce bonheur sans limites qu'elle m'avait offert. Pour que, parfois, l'invisible génie qui me poursuivait désormais puisse me chuchoter à l'oreille sa satisfaction. Elle m'avait accordée sa gloire, sa protection, je me devais de l'honorer. L'écho de son rire me poursuivra éternellement, et sans doute il me semblera toujours la sentir derrière moi, prête à danser et à s'envoler au son de l'accordéon. Aujourd'hui encore j'ai parfois l'impression que si je ne me retourne pas, triste petit Orphée, elle reviendra du Paradis trop envieux pour accourir vers moi. Jamais je n'oublierai toutes les choses qu'elle m'a fait vivre, tout cet amour inconditionnel, cette écriture magique et cette alchimie d'une puissance à couper le souffle qu'elle m'apportait.

    Par la suite je rêvais qu'elle apparaissait, je la voyais partout dans mes rêves, et le jour croyais entendre sa voix. Quand je chantais ou écrivais, je la sentais près de moi, dans la chambrette même où mon génie asséché s'enfermait en vain. J'étais Arthur Berry, fameux pianiste et accordéoniste français célèbre dans le monde entier, mais sans Cécilia, sans ma Muse et raison de vivre tout me paraissait terne et sans saveur. J'étais désespéré, frustré, chaotique et improductif. Mes poèmes me semblaient médiocres, secs et ridicules auprès d'elle, les autres femmes vulgaires et intéressées, jusqu'à mes confrères et vieux collègues d'école dont l'ignorance et l'avarice crasses me paraissaient plus détestables que jamais. J'étais admiré et reconnu, mais jamais je n'avais autant aspiré à l'anonymat, à n'être plus personne. Invisible, mort aux yeux du monde...

    Freedom

And then one day...
One magic day,
He passed my way...


    Alors, Arthur Berry disparut. Il ne me fallut guère longtemps pour décider de m'évanouir dans la nature. Fidèle à mon éducation détachée des préoccupations matérielles, je n'emportai avec moi que les vêtements que je portai ce jour-là, et de quoi obtenir un billet d'avion pour Los Angeles. Je n'avais, je ne voulais rien d'autre. J'avais choisi la misère pour mieux échapper à l'hypocrisie de mes confrères, à l'insanité du monde moderne, cet univers en plastique auquel je ne voulais plus croire, puisque Cécilia était morte. Ou plutôt, auquel je n'avais jamais cru. Pourquoi Los Angeles ? Parce que jamais au monde je n'aurais pu trouver cité plus rongée par la mort, la souffrance et la désillusion. Parce qu'aucune autre ville sur terre n'aurait pu présenter un théâtre aussi dégoulinant, aussi poisseux de faux sentiments, de mensonges et de destruction. Pour retrouver le goût de vivre, j'avais besoin de souffrir avec les plus pauvres pour retrouver leurs plus simples bonheurs, leurs joies les plus originelles et leurs sourires les plus beaux. Retrouver l'espoir et le goût de gagner mon existence par ce qui l'avait fait naître et par ce dont elle était faite : l'art, tout simplement. Là, tous les principes dont Cecilia et moi avions rêvé - vérité, liberté, amour, beauté - deviendraient mes règles de vie, aussi évidentes dans la misère qu'elles avaient été difficiles dans l'opulence.

    Dès lors que j'eus pris cette résolution, je m'aggripais à ma misère bienfaitrice comme à une bouée de secours. Je n'avais que mes vieux vêtements et mon accordéon, mais jamais je n'avais été aussi heureux de la puanteur de mes oripeaux, des frissons de froid sur ma peau mal couverte ou des sourires des passants lorsque mon instrument réchauffait les rues. Leurs rires, leurs moments de joie et les longs instants que certains passaient à m'écouter demeuraient ma meilleure rétribution. Lorsqu'ils repartaient, c'était cette petite étincelle dans leurs regards qui me motivait à poursuivre ce que je faisais et me faisait aimer mon existence de pouilleux sans avenir. J'étais dédaigné, méprisé par le commun des mortels, et je l'assumais pleinement : que me valait leurs regards ? J'avais choisi ma vie, une vie qu'ils ne pouvaient pas comprendre pour la plupart. Mais je ne dépendais de personne, je n'avais aucun compte à rendre et c'était tout ce qui importait. La musique et la pauvreté étaient mes sources de salut, et le sont aujourd'hui encore.

    Love

While we spoke of many things,
Fools & kings,
this he said to me...


    Mes espoirs pour l'avenir sont peu nombreux, mais ils sont simples par-dessus tout et je crois en eux comme jamais. Je ne suis qu'un misérable clochard mal rasé errant dans les ruelles de la cité des anges, tâchant avec son vieil accordéon rouillé d'apporter un peu de poésie, de rêve et d'élégance à cette ville rongée par le malheur, la débauche et l'hypocrisie du rêve américain agonisant. J'ai soixante-deux ans, je me fais vieux, et là où de plus âgés seraient encore en pleine santé, la maladie et les frimas du temps ont usé ma carcasse fatiguée. Mais je me suis juré de consacrer à cette tâche mes dernières forces, parce que j'ai croisé dans cette ville des êtres qui le méritent tellement.
    J'avais quarante-six ans lorsque je croisai mon premier vrai vampire. Mes souvenirs de cet instant sont encore si nets, si présents dans mon esprit. Je réchauffai mes doigts gelés au-dessus d'une poubelle enflammée, comme souvent. Il est sorti silencieusement des ombres mouvantes, rampant sur le sol au milieu de la boue et des détritus. De profondes coupures marquaient son corps, laissant échapper un sang noir derrière lui. Son souffle était rauque et irrégulier lorsqu'il aggripa mon bras droit, au bout duquel je tenais un rat mort. Ce rat serait mon seul repas de la journée, et j'avais espéré le faire cuire. En fait de quoi, lorsque je lui en proposai une portion il me l'ôta des doigts et le saigna tout net. Sous sa lèvre inférieure, je vis saillir deux longues canines étincelante, et ses joues se colorèrent de pourpre au fur et à mesure que le sang du rongeur parcourait ses veines. Je vis alors ses plaies se refermer toutes seules et me rappelai les vieilles légendes avec lesquelles ma mère, lorsque j'étais enfant s'amusait à m'effrayer : celles de ces créatures nocturnes, maudites à ce qu'on racontait et qui buvaient le sang des vivants... des vampires.

    Je ne revis jamais le caïnite auquel j'étais venu en aide. En revanche, je me réveille souvent depuis avec auprès de moi quelque barquette de nourriture, quelque bouteille d'eau ou quelque objet utile à ma survie. Parfois il me semble que quelqu'un marche derrière moi et me surveille, non, me protège. Un ange gardien silencieux qui m'observe et protège mes pas des rencontres indésirables. Et si je ne suis pas depuis lors devenu la proie malheureuse de quelque créature de la nuit, j'imagine que c'est uniquement parce que "quelqu'un" un jour a du parler aux bonnes personnes...
    Ils ne sont plus rares désormais les caïnites qui me connaissent et dont je sais moi aussi le nom, la vie passée ainsi que la mort présente. Certains d'entre eux sont devenus de vieilles connaissances, presque des amis. J'apprécie leur compagnie, leur savoir, leurs secrets mais aussi leur diversité. Ils sont tous différents, tous uniques. Je les accueille avec l'amour et l'affection qu'ils n'ont plus, contraints qu'ils sont de vivre cachés des humains qui les craignent. Ils sont mes compagnons, les reclus de la nuit. Bien que je ne sois qu'un humain, ces êtres divins me respectent, m'estiment et me protègent. J'ai plus appris d'eux en quelques mois dans la cité des anges qu'en dix années en Europe à côtoyer de sois-disants "confrères". Ce sont eux qui m'ont appris à voir le monde autrement, à aimer la noirceur de la nuit et les blessures de ses habitants. Ironie du sort, ce sont finalement ceux que tous parmi les hommes traitaient de monstres qui m'ont redonné foi en le genre humain. En la vérité, la liberté, la beauté et l'amour.

" The greatest thing you'll ever learn,
is just to love, and be loved in return... "
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